Réflexion

La mission du JRS-Belgium consiste à accompagner les personnes qui séjournent dans les centres fermés et les maisons de retour, à se mettre à leur service et à défendre leurs droits. En tant qu’organisation chrétienne, œuvre de la Compagnie de Jésus (les jésuites), le JRS trouve son inspiration dans l’affection du Seigneur Jésus pour les personnes pauvres et marginalisées. Nous sommes convaincus que Dieu est à l’œuvre dans l’histoire des hommes, même dans ses épisodes les plus tragiques. Cette conviction est renforcée par le fait que, bien souvent, les personnes rencontrées dans les centres expriment elles-mêmes de profondes attentes spirituelles qu’elles veulent partager avec nous.

Vous trouverez ici quelques textes qui nous inspirent et qui parlent des valeurs qui imprègnent notre travail. Notre inspiration chrétienne n’exclut nullement notre collaboration avec des personnes animées par une autre foi ou une autre conviction, pourvu qu’elles admettent notre propre mission et nos valeurs.

Le presque rien
La qualité d’une écoute réside dans l’espace qu’elle offre au presque rien, aux balbutiements, silences et, à l’opposé, aux flux de paroles virulents, aux associations libres. Il faut une capacité à rester en éveil pour s’étonner, entendre l’inouï, percevoir le détail qui détonne, à ne pas se laisser paralyser par la violence foudroyante, la répétition endormante, le charme ensorceleur, et à déceler la retenue, le changement de ton dans la voix, de la gestuelle, de la posture…

Une telle écoute doit reconnaître les presque rien, ces moments-évènements, les nommer, donner la possibilité d’y revenir, afin que les germes se déploient et ne s’échappent pas avant d’avoir fait fructifier ce qui demande à naître, le levain dans la pâte. Surtout, leur donner leur place, ne pas les minimiser ou, pire, les nier.
Agnès Bressolette, Nés vulnérables

Le royaume
Il est bon parfois de prendre du recul et de regarder derrière soi.
Le royaume n’est pas seulement au-delà de nos efforts,
il est aussi au-delà de notre vue.
Durant notre vie, nous n’accomplissons qu’une petite partie
de cette entreprise magnifique qu’est le travail de Dieu.
Rien de ce que nous faisons n’est achevé,
ce qui voudrait dire, en d’autres termes,
que le royaume se trouve toujours au-delà de nos possibilités.

Aucune déclaration ne dit tout ce qui peut être dit.
Aucune prière n’exprime complètement notre foi.
Aucune religion n’apporte la perfection.
Aucune visite pastorale n’apporte la plénitude.
Aucun programme n’accomplit la mission de l’Église.
Aucun ensemble de buts et d’objectifs ne peut être complet.

C’est ainsi que nous sommes.
Nous plantons des graines de semence qui un jour pousseront.
Nous les arrosons, sachant qu’elles portent en elles la promesse du futur.
Nous posons des fondements sur lesquels d’autres construiront.
Nous fournissons le levain qui produira des effets bien au-dessus de nos capacités.
Nous ne pouvons pas tout faire,
et le comprendre nous apporte un sentiment de libération.
Cela nous permet de faire quelque chose, et de le faire bien.
Ce n’est peut-être pas fini, mais c’est un début,
un pas de plus sur le chemin,
une opportunité de laisser entrer la grâce du Seigneur qui fera le reste.

Nous pouvons ne jamais voir les résultats finals,
mais c’est la différence entre le maître artisan et l’ouvrier.
Nous sommes des ouvriers, pas des maîtres artisans,
des ministres, pas des messies.
Nous sommes les prophètes du futur qui ne nous appartient pas.

L’évêque Ken Untener de Saginaw
attribué à l’archevêque Oscar Romero de San Salvador