LES MAISONS DE RETOUR

En 2018 également, nos visiteuses ont été régulièrement présentes dans les maisons de retour en Flandre et en Wallonie. En raison de la mise sur pied des unités familiales fermées, elles n’ont pu que consacrer un peu moins de temps aux maisons fermées. Néanmoins, elles ont prêté leur appui à 35 familles.

Surtout des demandeurs d’asile-frontière

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En comparaison avec les années précédentes, le profil des familles s’est modifié. Contredisant ce que laisse supposer le terme ‘maison de retour’, la majorité des familles, avons-nous constaté en 2018, est arrivée à l’aéroport de Zaventem en quête d’une protection internationale. Dans l’attente d’une réponse à leur demande d’asile, elles ont été obligées de séjourner dans les maisons de retour. Sur les 35 familles visitées, 22 avaient déposé une demande de protection internationale. Nous avons surtout rencontré des familles en provenance de Turquie, de Palestine et du Venezuela.

Enfin l’accès à l’Internet

Même si le cadre de vie des maisons de retour n’a guère changé de façon significative par rapport aux années précédentes, il y a tout de même une grande nouveauté. L’Office des étrangers a enfin fait installer un réseau Wi-Fi dans toutes les habitations. A notre époque, l’Internet est d’une importance capitale. De cette manière-là, les demandeurs d’asile qui viennent d’arriver en Belgique peuvent rassembler plus facilement et plus rapidement les preuves indispensables à la constitution de leur dossier relatif à l’asile. Quant aux personnes engagées dans une procédure de retour, elles peuvent, par ce moyen, recueillir l’information nécessaire et renouer des liens avec leur pays d’origine, de telle sorte qu’elles puissent au moins préparer un peu leur retour. Mais l’Internet permet aussi aux gens de poursuivre le contact avec nos visiteurs dans le temps qui sépare les visites.

Une amélioration de l’accès à l’école

Nous avons également remarqué un développement positif au plan de l’accès à l’école dans un certain nombre de sites qui comptent des maisons de retour. Même si les enfants que nous accompagnons n’ont pas tous fréquenté l’école, nous avons pu constater que la plupart bénéficient d’un enseignement. Trouver une place dans une école d’enseignement secondaire reste encore un point toujours épineux. Nous avons été frappés de rencontrer un certain nombre d’enfants qui, avant leur arrestation, suivaient l’école dans l’enseignement spécial. Par définition, il s’agit là d’enfants particulièrement fragiles. Or c’est précisément pour ces enfants-là qu’il est le moins facile de trouver un endroit appropriée dans une école adaptée, proche de la maison de retour. On devrait éviter que ces familles soient conduites directement dans les maisons de retour, du fait que le droit à l’instruction est particulièrement menacé pour ces enfants-là.

Des familles extrêmement fragiles

Nonobstant le fait que les maisons de retour sont des structures ouvertes, elles ne sont pas adaptées aux besoins des familles vulnérables. Nous avons été témoins, en 2018, de deux situations singulièrement inhumaines. Nous avons rencontré deux enfants affectés d’un lourd handicap physique et mental. Un des deux enfants a même été conduit par deux fois à l’hôpital dans un état critique. Dans les deux cas, il s’agissait en outre d’une famille monoparentale, et il y avait encore de plus jeunes frères et sœurs qui réclamaient également les soins et l’attention de leur parent. Les deux familles ont été arrêtées à la frontière et ont demandé la protection internationale à la Belgique. Le fait que nous ayons rencontré ces familles démontre qu’un solide screening de vulnérabilité n’a pas encore été mis en place par l’Office des étrangers avant que ne soit prise une décision de détention en maison de retour.

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