#IkBenSolidair

À la mi-mars, le gouvernement belge, muni des pouvoirs spéciaux, a adopté un certain nombre de mesures de grande envergure pour enrayer la propagation du coronavirus. L’Office des étrangers, lui emboitant le pas, a pris également quelques décisions drastiques. Le 16 mars, le centre d’enregistrement des demandeurs d’asile a été fermé et un grand nombre de résidents des centres fermés ont été libérés. À l’époque, aucune mesure n’a été prise pour accueillir ce groupe de personnes autre part.

JPEG - 2.3 MB

En concertation avec dix autres organisations de terrain, l’association Vluchtelingenwerk Vlaanderen a décidé de s’attaquer à cette omission. Dans une lettre qui lui fut adressée, le gouvernement a été appelé à faire preuve davantage de solidarité envers les plus vulnérables de notre société, quel que soit leur statut. De cette première réaction est née l’initiative #ikbensolidair.

La réponse n’a pas tardé. Début avril, deux de nos gouvernements, fédéral et flamand, ont mis en place plusieurs "groupes de travail" afin de disposer d’un meilleur aperçu des conséquences des mesures coronavirus sur les personnes vulnérables de la société. Grâce à ces groupes de travail, les organisations de lutte contre la pauvreté, réunies sous la bannière de #ikbensolidair ont eu la possibilité de proposer des initiatives positives.

Un résultat important de ce travail a été la décision d’accueillir en Belgique un certain nombre de réfugiés mineurs venus de Grèce. En effet, les organisations de jeunesse ont pu faire comprendre au gouvernement qu’il y avait effectivement de la place pour ces jeunes dans les structures d’accueil actuelles.

Les organisations francophones, pour leur part, ont d’abord choisi de communiquer davantage en dehors des écrans et, avec le JRS Belgium, ont envoyé un certain nombre de lettres tant à l’Office des étrangers qu’à la Secrétaire d’Etat, Mme Maggie De Block.

Maintenant que les mesures coronavirus ont été assouplies et que les frontières s’ouvrent à nouveau progressivement, le gouvernement doit décider d’une stratégie de sortie et de mesures post- corona. Par exemple, l’Office des étrangers est à nouveau ouvert, mais les demandeurs d’asile doivent toujours s’enregistrer en ligne avant de pouvoir s’inscrire, ce qui a pour conséquence que pas mal de personnes sont encore exclues.

Le groupe des organisations à l’origine de #ikbensolidair a déjà recommencé à écrire et s’est adressé directement, en juin dernier, aux différents présidents de partis. Nous leur demandons avant tout de prévoir un accueil pour les migrants, les personnes en fuite et les sans-papiers, et de mettre en œuvre, pour eux aussi, des solutions durables. Mais nous ne voyons encore que peu de résultats. Nous allons donc développer nos propres exemples qui pourraient être repris par nos interlocuteurs.

Ruben Bruynooghe 

chargé du plaidoyer