Pas d’enfermement : quoi alors ?

Griet Demeestere a été visiteuse au centre fermé de Bruges pour le JRS Belgium. Portant en elle les expériences des personnes détenues, elle est devenue accompagnatrice de familles laissées en liberté. Elle explique pourquoi le JRS, en collaboration avec de nombreux partenaires et avec le soutien de trois fonds différents, veut chercher un meilleur avenir avec ces personnes-là.

Source: JRS en Jourdan

La loi stipule que la détention des migrants ne peut être décidée que comme ultime mesure, c’est-à-dire au moment où toutes les autres possibilités ont été épuisées. Les ministres belges qui se sont succédé au département de l’immigration n’y ont cependant pas prêté l’oreille, concentrant plutôt leur politique sur la détention. Cela s’est fait en augmentant le nombre de places dans les centres fermés et en ouvrant nouveaux centres, ainsi que des unités familiales fermées à l’aéroport de Zaventem. Le gouvernement n’a d’yeux que sur les taux de réussite des retours, qu’ils soient volontaires ou forcés.

Or, la Coalition internationale Détention (en anglais : IDC) croit aux alternatives à la détention. Cette conviction se fonde sur le constat que l’enfermement augmente encore la vulnérabilité des personnes et les enfonce davantage dans l’illégalité. Après des projets-pilotes prometteurs menés en Pologne, en Bulgarie, à Chypre, au Royaume-Uni, en Grèce et en Italie, le JRS Belgium met actuellement en place un projet similaire avec un certain nombre de partenaires.

Nous suivrons trois pistes :

L’accompagnement de quinze familles avec des enfants mineurs, dépourvues de titre de séjour. Nous comptons sur le fait que ces personnes peuvent subvenir, soit par elles-mêmes soit avec l’aide d’autrui, à leurs besoins en matière de logement et de moyens de subsistance. La confiance mutuelle est essentielle. La famille - soutenue par la conseillère familiale - s’efforce de trouver une solution durable à sa situation de séjour. Il peut s’agir du retour dans le pays d’origine, mais aussi du droit de séjour en Belgique ou dans un autre pays. Par contre, tout comme l’IDC, le JRS Belgium ne considère pas comme une solution adéquate le choix conscient d’un séjour illégal de longue durée.
Nous assurerons la communication sur les expériences acquises avec les familles afin de diffuser davantage de connaissances sur les alternatives à la détention auprès des responsables politiques, des autorités, de la société civile et du grand public.

Nous entretiendrons des échanges avec nos partenaires européens et nous alimenterons le travail politique du réseau en faveur des alternatives à la détention au niveau de l’Union européenne. Nous espérons ainsi accroître à la fois le soutien de l’Union européenne et la pression qu’elle pourrait exercer sur les États membres pour qu’ils développent des alternatives, qu’ils réduisent leur recours à la détention et qu’ils mettent fin à l’enfermement des enfants.

Le projet débutera le 1er septembre 2020 et durera au moins deux ans et demi. Nous vous tiendrons au courant de l’évolution du projet par le biais de notre site web et du présent bulletin.

Griet Demeestere
accompagnatrice familiale

Le JRS Belgium est en pleine croissance. Néanmoins, nous continuons à travailler de manière indépendante, sans subventions gouvernementales. Grâce aux dons de personnes comme vous (et au soutien de fondations privées qui croient en notre travail), nos collaborateurs pourront, à partir du 1er septembre, accompagner les familles de migrants dans la planification de leur avenir. Voulez-vous nous soutenir? Vous le pouvez par un virement au numéro de compte ci-dessous ou via https://www.jrsbelgium.org/Giften-471. En 2020, une réduction d’impôt de 60 % s’appliquera exceptionnellement à tous vos dons à partir de 40 euros. La part de cette réduction d’impôt a également été portée à 20 % du revenu net