Xavier Dijon, Les frontières du droit. Quelle justice pour les migrants ?

Bruxelles, Lessius, 2020, 380 p.

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Notre collaborateur scientifique Xavier Dijon a publié en 2016 un petit ouvrage, Les réfugiés, dans la collection Que penser de… ? (Namur, Fidélité, 124 p.). Là, il s’agissait déjà de la frontière. ‘C’est mon idée fixe’, dit Xavier. Dans ce nouvel ouvrage, beaucoup plus volumineux, il a examiné de façon plus détaillée et en profondeur ce thème de la frontière.

Les États nationaux doivent-ils, d’un point de vue éthique, ouvrir leurs frontières à tout étranger qui s’y présente, ou ont-ils au contraire le droit de les fermer ? Cette question touche un bon nombre de thèmes fondamentaux : le sens de l’Etat et l’Etat mondial, l’individualisme et le communautarisme, l’éthique et la politique, les sources du droit national et du droit international, le droit naturel et le droit positif, la justice commutative et la justice distributive, les droits de l’homme, etc. Comment déterminer, en un tel contexte, ce qui est juste ?

La réflexion se situe à un niveau très fondamental. La première partie du livre donne la parole à la philosophie politique, depuis Aristote jusqu’à Martha Nussbaum. Dans la seconde partie, l’auteur met à profit les thèses avancées par ces divers auteurs pour baliser quelques pistes qui pourraient conduire aux fondements de la justice migratoire. Le dernier chapitre analyse le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté le 19 décembre 2018 par les Nations Unies (appelé aussi Pacte de Marrakech).

Le père Dijon est un intellectuel pur-sang et ne se contente donc pas de propos massifs. Il avance honnêtement et avec une application scientifique, sans escamoter la tension entre la particularité de la frontière et l’universalité des droits de l’homme. Une lecture pas facile, mais assurément inspirante.

Pieter-Paul Lembrechts SJ
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